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LES
FLEURS DE SOLEIL, de Simon Wiesenthal,
avec
des textes de divers amis, parmi lesquels le père Christian Delorme,
Elisabeth de Fontenay, le grand-rabbin René-Samuel Sirat, Simone
Veil
" En juin 1942, à Lemberg, dans d'étranges circonstances,
un jeune SS à l'agonie m'a confessé ses crimes pour, m'a-t-il
dit, mourir en paix après avoir obtenu d'un juif le pardon. J'ai
cru devoir lui refuser cette grâce. Obsédé par cette
histoire, j'ai décidé de la raconter, et à la fin
de mon livre je pose la question qui, aujourd'hui encore, en raison
de sa portée politique, philosophique ou religieuse, mérite
réponse : ai-je eu raison ou ai-je eu tort ? "
C'est ainsi que Simon Wiesenthal, le célèbre " chasseur
de nazis ", raconte la genèse de ce récit d'une sobriété
et d'une intensité bouleversantes. Douze personnalités
tentent de se confronter à la question posée par l'auteur
: Olivier Abel, Lytta Basset, Christian Delorme, Jacques Duquesne, Xavier
Emmanuelli, Élisabeth de Fontenay, Alfred Grosser, Georges Hourdin,
Anita Lasker-Wallfisch, Matthieu Ricard, René-Samuel Sirat et
Simone Veil.
Les
Fleurs de soleil,
de Simon Wiesenthal,
Albin Michel, 1999, rée. en poche 2004, 272 pages, 7,70 €
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LES NOUVEAUX PENSEURS DE L'ISLAM, de Rachid Benzine
L'islam est-il condamné à choisir entre le repli frileux
sur soi et le simple alignement sur la normalité occidentale
? Existe-t-il une véritable modernité musulmane ? Dans
un livre fondateur, Rachid Benzine répond à ces interrogations
cruciales et nous fait connaître les " nouveaux penseurs
de l'islam ", qui interrogent de l'intérieur leur propre
tradition avec une liberté inouïe.
À
tous ceux qui prétendent que le monde musulman est condamné
à rester emmuré dans un passé figé et une
théologie sclérosée, ce livre vient apporter un
démenti magistral. L'islam contemporain, en effet, est traversé
de débats fondamentaux, portés avec rigueur et courage
par les "nouveaux penseurs " que nous présente ici
Rachid Benzine, intellectuel musulman formé à l'école
des sciences humaines et très engagé dans le dialogue
interreligieux - il est également l'auteur, avec le père
Christian Delorme, de Nous avons tant de choses à nous dire.
Ces hérauts de la pensée libre, parfois menacés
de mort et contraints à l'exil, explorent les chemins inédits
d'une reconstruction de la pensée religieuse musulmane. Issus
de tout le monde musulman, depuis la Tunisie et l'Égypte jusqu'à
l'Iran et au Pakistan en passant par l'Afrique du Sud, ils revisitent
l'histoire des dogmes et des institutions. Interrogeant les interprétations
théologiques ou juridiques successives, ils tentent de discerner
les éléments de la tradition qui pourraient être
fondateurs d'une modernité islamique. Surtout, ils soumettent
le texte coranique lui-même au crible de l'analyse littéraire
et de la critique historique, et posent des questions essentielles :
Qu'est-ce que la Révélation ? Qu'est-ce que l'islam ?
Comment lire son Livre fondateur ? Chacun de ces penseurs a une approche
singulière, mais tous s'accordent sur la visée : non pas
remplacer une orthodoxie par une autre, mais dégager le texte
de sa gangue d'interprétations accumulées au fil des siècles,
et donner ainsi à l'islam les moyens de penser sa modernité.
Les
Nouveaux Penseurs de l'Islam
de Rachid Benzine
Albin Michel, 2004, 304 pages, 18,50 €
copyright Philippe Lissac

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NOUS AVONS TANT DE CHOSES A NOUS DIRE, de Rachid
Benzine et Christian Delorme
Sur la scène du monde et dans nos quartiers, Islam et Occident,
Islam et Christianisme se trouvent en présence comme jamais auparavant
dans leur histoire. Va-t-on vers un affrontement de ces cultures et
de ces religions, ainsi que certains le prédisent et même
le souhaitent ?
Dans ce livre à deux voix, Christian Delorme, prêtre dans
le diocèse de Lyon, et Rachid Benzine, jeune musulman d'origine
marocaine, enseignant, tentent de répondre à cette question
cruciale à partir de leur propre parcours.
Tous deux sont engagés depuis des années dans l'action
en faveur de la paix sociale dans les quartiers " sensibles ".
Bien enracinés dans leurs fois respectives, ils attestent que
les deux religions peuvent s'éclairer mutuellement - sans nier
pour autant les " fractures dogmatiques " actuellement irréductibles.
Ils dissipent de nombreux malentendus issus des pesanteurs de l'histoire,
disent leur refus de tout sectarisme, et montrent comment le respect
de l'autre dans sa foi (ou dans son incroyance) est la seule voie vers
un " mieux-vivre ensemble ".
Un livre qui fait uvre salutaire, un livre de spiritualité
vivante et d'humanisme concret.
Nous
avons tant de choses à nous dire
de Rachid Benzine et Christian Delorme
Albin Michel, 1997, réed. en poche 1998, 258 pages, 7,70 €
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QU'ALLAH BENISSE LA France ! d'Abd Al Malik
L'itinéraire exceptionnel d'Abd al Malik, ex-délinquant
passé par l'islamisme militant et devenu rappeur soufi, montre
que des " jeunes des cités " peuvent, eux aussi, témoigner
de l'universel à travers une spiritualité ouverte.
Il a connu tout ce qu'un fils d'immigrés, noir, pauvre, élevé
par une mère seule avec six frères et surs, peut
connaître de la délinquance des cités : vols et
trafics en tous genres, argent facile, frime et rapports de force. Converti
à l'islam - ou plutôt à cet islam obscurantiste
qui sévit dans certaines banlieues -, il a parcouru les routes
de France pour prêcher, dans des mosquées de fortune ou
dans la rue, la crainte du péché et les tourments de l'enfer.
Il ne compte plus ceux de ses compagnons qui furent victimes de la violence,
qui sont morts d'overdose ou ont cédé à un islamisme
agressif, en marge de la société
Abd al Malik avait tout pour entrer dans l'univers de " la haine
", pour franchir le pas qui va de la rébellion adolescente
à la violence concrète et organisée. Leader du
groupe de rap NAP (New African Poets), il aurait pu nourrir ses textes
d'imprécations antioccidentales et de ressentiment. Pourtant,
la bénédiction qu'il appelle aujourd'hui sur son pays
d'accueil embrasse dans une même sincérité juifs,
chrétiens ou laïcs, sans oublier toutes les femmes. Car,
après ces années passées à se chercher lui-même,
Abd al Malik a trouvé sa voie dans le soufisme, mystique musulmane
amoureuse de l'Un, dont les grands noms sont Ibn Arabi, Rumi ou encore
l'émir Abd el-Khader l'Algérien. Il s'est fait le disciple
d'une tariqa (confrérie) professant un islam de fraternité
universelle, qui l'a réconcilié avec l'esprit de la citoyenneté
et l'a fait entrer dans le Face à face des curs. Tel est
le titre de son premier album solo, sorti en même temps que son
livre. En signe d'unité, il a donné la primeur de ce nouveau
rap d'amour à la dernière convention nationale de l'Union
des étudiants juifs de France. En lisant et en écoutant
Abd al Malik, on comprend que tout est toujours possible à qui
veut s'élever au-delà de lui-même et ne pas demeurer
prisonnier de son passé.
Qu'Allah
bénisse la France !
d'Abd al Malik
Albin Michel, 2004, 208 pages, 15 €
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MAHOMET, de Salah Stetié
Les violences et les contre-vérités répandues aujourd'hui
par un intégrisme qui se prétend musulman rendent indispensable
un retour aux sources de l'islam, afin de comprendre ce que furent réellement
la vie et l'enseignement de Mahomet.
Poète et essayiste de réputation internationale, Salah
Stétié répond à cette exigence contemporaine
en nous livrant ici une magistrale biographie du Prophète. Il
nous raconte la vie et les combats de cet homme aux multiples facettes
- législateur de génie, laudateur de beauté, fondateur
de civilisation - qui a su témoigner, dans un monde en crise,
d'une nouvelle dimension de Dieu. Il nous initie également aux
préceptes du Coran que de nombreux préjugés associent
au machisme, à la violence, à l'intransigeance, et par
la grâce d'une écriture lumineuse, il nous éclaire
sur la véritable ampleur de son message spirituel.
Mahomet
de Salah Stétié
Albin Michel, 368 p., 8,60 €
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L'HOMME INTERIEUR A LA LUMIERE DU CORAN
À la lumière de son expérience de la riche tradition
mystique soufie, le Cheikh Khaled Bentounès, maître spirituel
de la confrérie Alaouia, nous propose ici une relecture de certains
versets du Coran. Décryptant le sens profond du Livre fondateur
de l'Islam, mais aussi la dimension universelle de son message, cette
nouvelle interprétation nous présente un Coran aux antipodes
de tout fanatisme et sectarisme.
Si nous voulons sauvegarder l'humanité qui définit notre
nature, explique Cheikh Bentounès, nous devons, sans répit,
travailler à élever notre conscience et notre esprit de
dialogue, condition sine qua non pour que l'homme ne soit pas qu'une
machine pensante. Or, tous les intégrismes imposent un ordre
qu'ils veulent immuable, oubliant ainsi que la religion interprétée
à la lettre n'enseigne que des vérités superficielles,
sources de bien des drames. La véritable spiritualité
est une recherche permanente de la réalité du message
pour savourer, dans le partage, la richesse de la Vie et l'intarissable
flux du divin qu'elle porte en elle.
L'Homme
intérieur à la lumière du Coran
de Cheikh Bentounès
Albin Michel, 240 p., 14,90 €
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LA VOIE SOUFIE de Faouzi Skali
" Percevoir le soufisme du " dedans ". Comprendre sa
perception du monde. C'est ce que, dans ce livre, j'ai essayé
de rendre communicable dans une certaine mesure. Cela répond
à l'expérience vécue de la voie qui en a nourri
l'écriture. C'est d'elle que naît cette vision intérieure-extérieure
à partir de laquelle j'ai voulu esquisser ici certains aspects
de l'initiation spirituelle en Islam. Voie métaphysique, essence
et esprit de la tradition. Voie d'amour et de connaissance. "
F.S.
Faouzi Skali, enseignant à l'École normale supérieure
de Fès au Maroc, est issu d'une famille de sharifs (descendants
du Prophète) et membre d'une tariqa (confrérie) soufie.
Il est Directeur du Festival de Fès des Musiques Sacrées
du Monde.
La
Voie soufie
de Faouzi Skali
Albin Michel, 208 p., 7,70 €
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LA RESISTANCE SPIRITUELLE, de François
et Renée Bédarida
Dans les dernières semaines de 1941, alors que le nazisme semblait
devoir régner sans partage sur l'Europe, le père jésuite
Pierre Chaillet et une poignée d'amis - dont les auteurs Renée
et François Bédarida - commencèrent à faire
circuler sous le manteau les Cahiers du Témoignage chrétien.
Cet organe clandestin de la résistance spirituelle ne se limita
pas à réveiller le sentiment patriotique, mais s'attacha
à démonter la structure de l'idéologie nazie. L'analysant
comme idolâtrie de la force, il en dénonçait notamment
l'antisémitisme, radicalement contraire à l'esprit de
l'Évangile et aux droits de l'homme. Partout en France, des hommes
et des femmes de conviction diffusèrent, au péril de leur
vie, ce message qui sauvait l'honneur de l'Église à l'heure
où sa hiérarchie versait plutôt dans les discours
vichystes. Composante majeure de l'histoire de la Résistance,
ce Témoignage chrétien s'adresse aujourd'hui à
nous avec la même urgence.
La
Résistance spirituelle 1941-1944
Textes présentés par François et Renée Bédarida
Albin Michel, 416 p., 19,10 €
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LEVINAS, L'UTOPIE DE L'HUMAIN, de
Catherine Chalier
Témoin de l'emprise ténébreuse des idéologies
qui ont présidé à tant de tragédies de ce
siècle, Emmanuel Lévinas appelle à un éveil
et à un dégrisement éthiques indissociables de
la tâche de penser la priorité de l'autre. Pour lui, la
philosophie ne peut trouver le chemin de cette orientation ultime sans
se rendre attentive à la source hébraïque de la pensée.
Une tension entre le mode grec de réflexion et la fidélité
à la voix des prophètes anime donc son uvre. Ce
livre montre comment elle autorise un bouleversement des concepts destinés
à, dire l'humain autrement.
Lévinas,
L'Utopie de l'humain
de Catherine Chalier
Albin Michel, coll. Présences du judaïsme / poche, 1993
166 pages, 6,95 €
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L'HEBREU, 3000 ANS D'HISTOIRE, de Mireille Hadas-Lebel
L'intérêt de l'histoire de la langue hébraïque
dépasse de loin le cadre purement linguistique. Langue de la
Bible, l'hébreu fut longtemps considéré par les
théologiens comme " la mère de toutes langues ".
Son histoire suit celle du peuple hébreu puis celle des juifs
dans leurs diverses pérégrinations. Après des siècles
de somnolence pendant lesquels l'hébreu ne fut qu'une langue
liturgique et une langue écrite, il connaît depuis près
de cent ans une véritable résurrection sur la terre qui
l'a vu naître.
L'Hébreu,
3 000 ans d'histoire
de Mireille Hadas-Lebel
Albin Michel, coll. Présences du judaïsme / poche, 186 pages,
6,95 €
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LA
FRATERNITE, UN ESPOIR EN CLAIR-OBSCUR, de Catherine Chalier
Sommes-nous seuls dans la tourmente du monde ou existe-t-il un lien
entre les humains capable de résister là où les
institutions politiques et sociales, les communautés d'idées
ou d'intérêts semblent finir par céder ? La fraternité
pourrait-elle fonder notre être ensemble au moment où il
est menacé, d'un côté, par les passions individuelles,
et de l'autre, par les fièvres religieuses ou communautaires
? Partant du fait que les textes anciens (hébreux, grecs et romains)
mettent puissamment en scène le fratricide, Catherine Chalier,
puisant au multiples sources de notre culture, met en lumière
la nature, les ambiguïtés et les promesses du lien fraternel.
Elle en explore les traductions politiques - dont la devise républicaine
" Liberté, Égalité, Fraternité "
- pour interroger, ensuite, les différentes figures de l'amour.
Pour la philosophe, si le témoignage de la fraternité
se fait encore entendre, à contretemps, c'est qu'il rend compte
de l'unicité de la personne, telle qu'elle se manifeste dans
la relation. Face à une histoire qui côtoie le précipice,
elle se pose comme un espoir fragile, à condition de résister
elle-même à toute tentation fusionnelle qui l'entraînerait
dans un contresens mortel.
La
Fraternité, un espoir en clair-obscur
de Catherine Chalier
Buchet / Chastel, 2003, 160 pages, 14 €
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AUSCHWITZ
EN HERITAGE ? D'un bon usage de la mémoire, de Georges Bensoussan
La Shoah suscite aujourd'hui un sentiment de trop-plein et de saturation
(déjà à l'uvre en 1946, ce que l'on ignore
généralement). En parle-t-on trop ou mal ? La question
politique, esquivée, laisse la place à un lamento éploré.
Ainsi évite-t-on d'interroger les structures de pensée
d'un monde occidental, et germanique en premier chef, qui a conduit
à ce désastre. L'histoire de la Shoah, présentée
et affadie sous la forme d'une religion civile (couplée au culte
des droits de l'homme), induit l'idée erronée d'une parenthèse
barbare. Or, Auschwitz n'est pas l'aboutissement de l'" intolérance
" ni même du seul antisémitisme. Mariage de l'archaïsme
et d'une certaine modernité, cette catastrophe demeure impensable
sans référence au darwinisme social et racial, à
l'eugénisme négatif, à l'impérialisme, au
colonialisme et au racisme comme politique d'État, à la
substitution enfin du biologique et de l'économique au politique.
Comprendre le cheminement qui mène à Auschwitz ne revient
ni à absoudre les criminels, ni à légitimer le
crime, ni même à tourner la page. Interroger les phénomènes
de mémoire collective autour de la Shoah (en particulier en France,
aux Etats-Unis et en Israël), c'est montrer comment la mémoire,
parce qu'elle sélectionne les faits, est un enjeu politique.
Qu'elle est par conséquent souvent vaine, comme l'a montré
le génocide des Tutsis du Rwanda (1994) au moment même
où les États-Unis - qui refusèrent d'intervenir
- venaient d'inaugurer à grands renforts lyriques de " Plus
jamais ça ! " l'Holocaust Memorial de Washington
À mille lieues de l'idéologie de la victime et du compassionnisme,
il s'agit de proposer une autre leçon d'histoire : en réhabilitant
le questionnement historien et politique, en interrogeant les liens
de la culture et de la barbarie
Auschwitz
en héritage ?
D'un bon usage de la mémoire
de Georges Bensoussan
Mille et une nuits, 1998, reed. 2003, 312 pages, 10 €
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LA
MALADIE DE L'ISLAM, d'Abdelwahab Meddeb
Si, selon Voltaire, l'intolérance fut la maladie du catholicisme,
si le nazisme fut la maladie de l'Allemagne qu'ausculta Thomas Mann,
l'intégrisme est, comme le démontre ce livre, la maladie
de l'islam. Dans la tradition, l'accès à la lettre - Coran
et tradition prophétique - était bien gardé : il
fallait obéir à des conditions particulières pour
l'interpréter et le faire parler. Mais l'accès sauvage
à cette lettre n'a pu être empêché, et il
est arrivé maintes fois que l'histoire ait à enregistrer
les désastres qu'il a provoqués.
Avec les effets de la démographie et de la démocratisation,
les semi-lettrés ont proliféré, et les candidats
qui s'autorisent à toucher à la lettre sont devenus infiniment
plus nombreux : leur nombre renforce, hélas, leur fanatisme.
Car ce sont des hommes du ressentiment, qui alimentent les rangs des
intégristes.
Pour comprendre la genèse de cette maladie, il faut remonter
loin dans l'histoire, à la Médine du Prophète (VIIe
siècle), à la ville de Bagdad au temps de Abbassides (IXe
siècle), à celle de Damas au XIVe siècle, après
la fin des Croisades et l'épuisement de la vague mongole, à
l'Arabie du XVIIIe siècle, avec la fondation du wahhabisme
C'est à ce voyage que nous invite ce livre, pour comprendre les
raisons internes de la maladie d'islam, mais aussi les causes externes
qui l'exacerbent : non-reconnaissance de l'islam par l'Occident ; reniement
des principes par les Occidentaux dès que leurs intérêts
le réclament ; hégémonie qu'ils exercent dans l'impunité
et l'injustice - en particulier, de nos jours, sous la figure de l'Américain.
La
Maladie de l'Islam
d' Abdelwahab Meddeb
Seuil, 2002, 224 pages, 20 €
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FACE A L'ISLAM, d'Abdelwahab Meddeb
L'Islam est-il conciliable avec la République ? L'Islam est-il
rebelle à la pensée critique ? L'Europe est-elle islamophobe
? Contempteur de l'islamisme et excellent guide dans la " forêt
d'Islam ", Abdelwahab Meddeb aborde ces questions sans jamais réduire
leur complexité. Car la dénonciation de l'obscurantisme
ne doit pas nourrir la haine de l'Islam. Pour mieux combattre les fanatiques,
il faut révéler la voie des Lumières. Par une patiente
argumentation, empreinte de sa " double généalogie
" entre Oriente et Occident, Meddeb s'oppose ici avec une fermeté
sans faille aux propagateurs de l'intégrisme dans le sens commun,
faux modérés et usagers néfastes du Coran. Ce livre
n'est pas une manifestation de plus. Il est l'affirmation raisonnée
d'un pari contre toutes les barbaries et les régressions de l'esprit.
Face
à l'islam
d' Abdelwahab Meddeb
Textuel, 2004, 220 pages, 21,50 €
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A
VENIR ...
copyright
Philippe Lissac : Gabriel Ringlet

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copyright
Philippe Lissac : Victor Malka

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copyright
Philippe Lissac : Le Rabbin Daniel Farhi

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